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Tout ça pour ça

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  Il s’agit du titre d’un film de Claude Lelouch x Ce film sur les relations adultérines fait référence au ça freudien, terme qui complète le moi et le surmoi, le ça désignant la troisième instance de notre personnalité, à savoir notre pôle pulsionnel, bien souvent réduit chez le père de la psychanalyse à nos pulsions sexuelles.   Cependant nous pourrons rattacher ce terme à un autre ça aussi appelé cela, celui de l’Hindouisme. Ce terme apparait souvent, en sanscrit, dans les Upanishades du Yoga. Pour le comprendre, je vous citerai ce célèbre dialogue datant de 3000 ans entre entre Krishna et son charretier Arjuna. Lors d’un de leurs échanges initiatiques, Arjuna demande à Krishna ce qu’ll est. Alors Krishna l’emmène au bord de l’océa net sort de sa sacoche un grain de sel. Il le montre à Arjuna et le plonge dans l’océan. Le grain de sel s’y dilue aussitôt. A ce moment précis, Krishna donne la réponse à Arjuna  : Tu es cela  ! Cette formule deviendra un ma...

Plaisir d’amour

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Le poète-parolier est souvent un grand sage. Il parle parfois plus fort que notre cœur, plus haut que notre raison. Chaque mot est à délecter, certes, mais aussi à soupeser. Avez-vous entendu la chanson?  Plaisir d’amour ne dure qu’un moment ? Vue l’époque de la composition de cette complainte, on peut se garder de toute interprétation ‘sensuelle’ de la brièveté de ce plaisir. J’y entends plutôt comme un écho au Don Juan de Molière qui déclare ‘Les inclinations naissantes ont des charmes incomparables’. Il est vrai qu’il existe une tentation de les multiplier, au risque de faire du sur-place comme Phil dans le film ‘Un jour sans fin’. Même à l’âge mûr, certaines personnes n’ont pas choisi de faire (et non de laisser) mûrir leur affectivité et elles vont d’amours naissantes en amours naissantes. Car le plaisir serait la cerise sur un gâteau que l’on dévorerait trop vite et qui laisserait toujours un goût de trop peu, de trop court. Mais l’amour n’est pas que plaisir. O...
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  Tolérance et différence On lit souvent, ici et là, que face à la différence, il faut répondre par la tolérance. Cette vision me semble étriquée, voire pernicieuse. Elle reflète, en effet, que je suis supérieur à celui que je regarde avec une condescendance mal déguisée en pseudo bienveillance. Quand on parlait de tolérance à Sacha Guitry, il répliquait : « Tolérance ? Mais il y a des maisons pour cela : ». Comme quoi tout le monde ne se chauffe pas du même bois dans ces maisons-là. Ici, je parle de notre maison commune : la terre. J’avoue m’y sentir très intolérant face aux différences entre les humains. Je suis plutôt enclin à aimer la différence qu’à la tolérer, car elle constitue notre richesse. Aimer la différence, c’est aimer l’autre qui est différent au lieu de le tolérer car on glisse sans le ressentir de la tolérance à l’indifférence. Une consonance mène d’ailleurs de l’une à l’autre. On glisse difficilement de la tolérance à la ...

Vers les philos-sociaux

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 Laurent Gerra appelle Facebook, Tweeter et autre Instagram des réseaux de cas sociaux. Je ne puis que confirmer en constatant que les mêmes canulars stupides y circulent depuis une époque antérieure à ces réseaux sociaux. L’humain ne sait plus que relayer des alertes factices,   de l’infox sentant le roussi ou la contrefaçon. 99% de ce qui circule sur ces réseaux ne manifestent qu’une seule réalité : les hommes du XXIème siècle ne savent plus penser par eux-mêmes. Tout cela me ramène à mes cours de philosophie de terminale. Notre professeur (pas encore professeure) s’était mise dans la tête qu’elle parviendrait à nous apprendre à penser par nous-même (elle n’était pas férue de science-fiction,   soyez rassurés). SI nous lui avions « sorti » l’un de ces « messages » circulant sur les réseaux du net, elle se serait écriée : « Ouvrez vite les fenêtres, votre naïveté me fait étouffer » ou encore « Quand cesserez-vous de m’envo...

Apologie des verres progressifs

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Les nouvelles lunettes à verres sans monture sont aussi élégantes que dangereuses, parce que les verres se font oublier. Du moins remarque t-on à peine celle des autres, tout juste si elles sont un tant soit peu de travers, mais les nôtres, nous les oublions bien volontiers tant qu’elles sont translucides à souhait. Dans le vie, chacun regarde autrui non seulement de sa fenêtre, mais avec ce genre de lunettes. Aucune vision n’est semblable à celle du bébé qui accueille sans pré-jugé ni pré-vision ce qui se présente à ses yeux. Pour lui, tout est neuf et naturellement beau. A chacun de prendre conscience de type de verres qu’il porte et lui font voir le monde avec des filtres plus ou moins gris ou plus ou moins roses… A chacun de désirer, ou non, de régénérer l’innocence et l’émerveillement de son regard, de faire le pari de voir le meilleur en chaque chose, en chaque personne, voire en chaque événement. Cela n’est pas réalisable le temps d’un changement de lunettes, aussi faut-il d...

Du bon usage de la machine de Pascal

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Pascal est célèbre pour deux choses : sa pensée sur le cœur et la raison ainsi que pour sa fameuse machine à calculer. Mais qui se souvient de ce qui équilibre la dualité du cœur et de la raison ? Précisément… la machine ! ! ! Le lecteur lambda y déchiffre premièrement l’habitude mais à y regarder de plus près je parlerais plutôt… d’habitus. Nuance de taille car l’habitude est subie, passive voire négative. L’habitus que je lis derrière cette ‘machine’ est une disposition positive, un engagement au quotidien, une résolution incarnée dans nos pensées, nos paroles, nos gestes et nos actions.A chacun de vivre cette ‘machine’ d’une façon ou de l’autre. Pour ma part je m’estime acteur de ma destinée donc de mon quotidien. Guy Gilbert recommande par exemple de prendre ce bon ‘pli’ qui consiste à embrasser ses enfants chaque matin avant de se séparer d’eux. Cet habitus serait d’ailleurs la meilleure forme de prévention de la délinquance et du suicide selon ce prêtre éducateur. Comme dans la p...

Le 'non' de l’arrosé

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On retiendra du roman et du film ‘Le nom de la rose’ que demeurerait occulté un tabou de l’époque médiévale chrétienne : un anathème tacite jeté sur le rire. On est bien loin de François Rabelais selon qui le rire serait le propre de l’homme. Sale histoire que celle de ce film qui n’est en rien à l’eau de rose. Laissons aux historiens le loisir de chercher des sources authentiques aux allégations romanesques d’Umberto Eco et attardons-nous sur la réelle question qu’il soulève : "Peut-on rire de tout", c’est à dire de toutes et de tous également ? Certains humoristes s’y sont essayé avec plus ou moins d’élégance : avec Devos ça glisse avec finesse, avec Desproges ça irrite, ça gratte et ça écaille parfois. Les caricatures de Mahomet et des talibans ont mis à jour (et à feu) des allergies corporatistes immanquablement taxées d’intégrisme. Alors,sans rire je vous pose la question à mon tour : peut-on rire de tout ?

2mn35 de bonheur

Titre d’un succès de Sylvie Vartan dans les années 60’, ce bonheur temporisé et chronométré sur une mesure sempiternelle mérite-t-il cette appellation ? Ecouter et ré-couter ce 45t est certes agréable, du moins les première fois, mais le plaisir de l’écoute va ensuite en descrescendo. A l’époque, la technique limitait à ce timing la durée d’une plage. Transposons ces paroles sur une autre chansons : Plaisir d’amour. Imaginez que ce plaisir ne dure que 2mn35. Vous écririez-vous ‘Ah quel bonheur’ ? A chaque passage du ‘disque’ le bonheur est-il le même ? Est-ce bien du bonheur tout simplement ? Nous sommes, semble t-il, loin de la félicité des ‘bienheureux’ promis au bonheur éternel. Le bonheur est-il tout simplement de ce monde temporel, voire temporisé ? Ces 2m35 en sont-ils un échantillon ? Ou n’est ce qu’un superbe coup de pub ? Remets ce disque, écoutons-le, suggère un autre succès. Avec l’ère du numérique, le disque devient inusable. En serait-il de même du plaisir de nos amours ?

Plaisir d'amour

Le poète-parolier est souvent un grand sage. Il parle parfois plus fort que notre cœur, plus haut que notre raison. Chaque mot est à délecter, certes, mais aussi à soupeser. Plaisir d’amour ne dure qu’un moment ? Vue l’époque de la composition de cette complainte, on peut se garder de toute interprétation ‘sensuelle’ de la brièveté de ce plaisir. J’y entends plutôt comme un écho au Don Juan de Molière qui déclare ‘Les inclinations naissantes ont des charmes incomparables’. Il est vrai qu’il existe une tentation de les multiplier, au risque de faire du sur-place comme Phil dans le film ‘Un jour sans fin’. Même à l’âge mûr, certaines personnes n’ont pas choisi de faire (et non laisser) mûrir leur affectivité et ils vont d’amours naissantes en amours naissantes. Car le plaisir serait la cerise sur un gâteau que l’on dévorerait trop vite et qui laisserait toujours un goût de trop peu, de trop court. Mais l’amour n’est pas que plaisir. On fait plaisir à un enfant en le gâtant. On ne le rend...

Déraison du cœur

A en croire Blaise Pascal, le cœur a ses raisons que la raison ignore. Raison parallèle ou déraison que cette raison du cœur ? Le poète ayant toujours raison selon  le poète Aragon, écoutons le refrain de cette célèbre chanson : « I believe when I fall in love, this time it will be forever », hymne poétique à l’amour colporté par Stevie Wonder, Art Garfunkel et tant d’autres poetic lovers. Est-ce à dire que le cœur s’abuse ou s’amuse ? Car le cœur semble à la fois savoir et faire celui qui ignore. La raison du cœur ne serait-elle pas un « trait de conscience », voire une crise d’adolescence, au sens où, d’un côté, le coeur sent ce qu’il ne sait pas et que d'un autre côté qu’il entend la raison raisonnante lui dire ce qu’il ne sent pas ? Cette déraison du cœur ne se concrétise-t-elle pas par son auto aveuglement ? Le cœur se passe le bandeau sur les yeux, ou bien franchit le Léthé, le fleuve de l’oubli, pour se persuader que les amours passagères appartiennent au pass...

Amour des mots

Quelle puissance revêtent les mots pour que l’on puisse avancer ‘Non ce n’est pas l’amour qui fait les histoires d’amour, ce n’est pas ça toujours…ce sont nos mots d’amour » (Michel Polnareff) ? Il est vrai qu’il est déplorable qu’il n’existe guère de mots d’amitié, comme si ce sentiment pouvait s’en passer ou comme s’ils restaient à inventer. Peut être que dire « mon ami(e) » résume un lien du cœur avec des mots pleins et suffisants à eux- mêmes, tandis qu’en amour, on se satisfait difficilement d’un terme « générique », lui préférant dans un premier temps des noms d’animaux apprivoisés : ma biche, mon canard, ma tourterelle, mon nounours…jusqu’à ce qu’advienne l’âge des noms d’oiseaux. Mais dans tous les cas de figure, ne sommes nous pas menés, voire abusés, par les mots ? Tous les canards et toutes les biches ne vaudront jamais un vrai Je t’aime . Surtout si celui-ci se solde non seulement de câlins sonnants et trébuchants mais aussi d’actes sans équivoque à la bonne odeur de long t...

Tressé gagnant

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On peut filer un très bon coton et obtenir une tresse décevante. Difficile ensuite de démêler l’écheveau pour y retrouver chaque point de confusion. Il en va de même de notre affectivité qui tisse en permanence une tresse à trois fils : Notre désir infini d’être aimé pour ce que nous sommes Notre besoin d’aimer et de nous donner Notre sympathie spontanée ou notre admiration naturelle. La première erreur de tissage serait de laisser cette dernière fibre embrasser les deux autres, alors que chacune doit rester autonome et mouvante à volonté. Cette méprise très répandue porte parfois le nom d’une maladie qui « foudroie dans la rue cet inconnu qui passe » ou fait des ravages dans les cœurs des collégiennes médusées « par le charme innocent d’un professeur d’Anglais ». Plus prosaïquement, nous lions sans nous en rendre compte notre admiration, notre appréciation vouée à une personne, avec les deux autres fibres de notre affectivité et cela crée un attachement désordonné. Nous en venons à n...

Beaux chapeaux de roues

On dit volontiers ‘Tout beau tout neuf » sans réaliser que nous présupposons que la nouveauté possède en soi des atouts privilégiés. Ce qui s’applique à un chapeau s’applique également à l’intérêt que nous portons à un livre, à un film, mais aussi à une relation. Molière ne nous rappelle-t-il pas dans son Don Juan que « Les inclinations naissantes ont des charmes incomparables » ? Si le Don Giovanni de Mozart débute et insiste sur la comptabilité des conquêtes, celui de Molière cerne bien le syndrome « donjuanesque » qui consiste à jouir du jeu de la séduction et des premiers émois. Ce qui nous charme dans la nouveauté est justement qu’elle s’amorce bien souvent sur les chapeaux de roues pour atteindre ensuite son allure de croisière. De cet « acquis » peut naître la nostalgie du charme incomparable de l’inclination naissante. Les frissons de la conquête et l’impatience de la découverte ne sont plus le moteur premier et les roues menacent de s’enliser dans le déjà-là de la routine et...

Ô temps, suspends ton vol !

Ô temps, suspends ton vol ! Cet appel de Lamartine en réfère à tout ce que le temps nous vole, comme la chanson de Gildas Arzel ‘Le temps me vole’ (disponible chez tous les bons horlogers). Aucun syndicat, aucun parti politique n’a osé s’insurger contre le fait que le temps ne nous accorde que 24 heures par journée civile. Force nous est donc de composer avec ces deux douzaines de tours de cadran, sans accabler le grand voleur entêté à nous chronométrer jusqu’à la venue de la grande faucheuse. Il existe pourtant un moyen simple pour ne point se laisser dépouiller de ses précieux battements de trotteuse. Ce qu’on ne pourra vous voler, c’est ce que vous voudrez bien offrir à celui ou à celle qui compte pour vous. Ainsi il devient clair qu’offrir de son temps, c’est partager de son nécessaire et, partant, un peu de soi-même. Tout comme pour le Petit Prince, on pourra dire que c’est le temps accordé à votre rose qui la rend précieuse à vos yeux. Si les mots peuvent tromper (au point que di...

La ballade des étiquettes

« Tu n’as pas de titre ni de grade Mais tu dis « Tu » quand tu parles à Dieu » Ces célèbres paroles sont d’une vérité et d’une profondeur insoupçonnées. Qui ne s’est jamais senti réduit à son titre ou à son grade ou à toute autre étiquette réductrice ? Bien souvent, dans le quotidien, nous n’existons plus qu’en tant que… collègue de, fils de, frère de, prof de, secrétaire de, membre de, diplômé de, voire prisonnier de, coupable de, suspecté de… Un étiquetage de surface et de circonstance qui fige la personne dans ses attributions ou dans ses attributs, dans sa qualité ou son défaut majeur, bien souvent dans ce qu’il n’a pas choisi, mais qui en tout cas n’est pas son moi profond. Si l’on n’y prend garde, ces étiquettes nous condamnent à des relations superficielles et ressemblent à nos cages de HLM, chacun y étant systématiquement casé et numéroté, puis trop souvent doté d’un surnom réducteur : l’arabe, le fou, le sourd, l’homo, le zarbi... Rares sont les étiquettes glorieuses ! E...

Ombres et lumières

« Qu’il est difficile d’aimer » dit la chanson, mais qu’il est difficile de ne pas aimer également ! « Le cœur a ses raisons que la raison ignore » , c’est bien connu, mais cœur échaudé en vient à craindre même l’eau froide. Nos relations sont à notre propre image : tout en ombre et lumière. Nos cœur ressemblent parfois à des papillons attirés par la lumière que dégage autrui à en oublier la face cachée de tout chacun. Pour autant, il serait malvenu d’exiger de l’autre un dévoilement total de prime abord pour la prime raison qu’il ne connaît pas forcément ses zones d’ombre , et parce que cela briserait la magie dont nous gâtent le temps et l’espace. Le temps de prendre le risque de la découverte pas à pas, et l’espace qui tient à distance respectable deux êtres que leurs désirs feraient rentrer en collision s’il disparaissait. Il faut donc accepter de rester prisonniers volontaires de cet ici et maintenant et d’apprécier ce que l’autre veut bien nous dévoiler et nous offrir de sa perso...

La putain du diable

C’est une fausse amie qui nous voudrait du bien, mais peut nous faire beaucoup de mal. Par devant, elle est capable du meilleur, cela crève les yeux ; par derrière, elle peut nous pousser au pire et, nous ayant crevé les yeux, elle nous crève le cœur. Imagination serait son nom. Mais elle est double sous son doux fard. Muse le jour, pirate masquée la nuit : elle repeint en rose ou en noir selon son bon vouloir. On dit que l’amour est aveugle. En vérité, c’est l’imagination qui se nourrit de notre manque d’amour pour nous faire fantasmer sur l’être désiré, à notre insu. Et comme on ne la démasque pas, on la laisse repeindre en noir le sentiment ou l’être qu’elle avait copieusement badigeonné de rose. S’en méfier s’avèrerait pourtant d'une élémentaire prudence. En demander la guérison serait salutaire. Est-ce à raison que Luther l’appelée « la putain du diable » ? Je ne nie aucunement ses charmes, mais je ne cèderai nullement à ses avances. Vous-mêmes, qu’en dites-vous ?

Le point d'équilibre

La maxime Shadock disait : "Si ta tartine tombe sur le côté tartiné, c'est qu'elle était tartinée du mauvais côté". J'ai voulu éprouver ce proverbe avec une biscotte copieusement recouverte de confiture de myrtilles. A mes frais hélas ! A chaque fois la tartine est tombée du mauvais côté, et à chaque nouvelle fois, pourtant, je croyais bien avoir trouvé la manière de parer à toute chute. En vain à nouveau. Pas moyen de contourner durablement le caractère à la fois friable et versatile de la biscotte tartinée. Je dus me rendre à l'évidence : ce qui peut tomber tombera tôt ou tard ! Cette anecdote peut-être aisément transposée dans le domaine de notre condition humaine. Puisque Eve avait la possibilité de croquer la pomme, malgré l'avertissement céleste, immanquablement elle allait, tôt ou tard la cueillir et la croquer. S'en étonnant elle-même, elle accuse le serpent puis donne l'objet de la transgression à Adam. Cet épisode est un "mashal...

Croyance et Ethique

"Si Dieu n'existait pas, alors tout serait permis" Cette affirmation de Dostoievski est devenue un sujet de Bac très controversé. Que répondriez-vous en 4 heures chrono?

Le prix de la lucidité

Dans l’allégorie de la caverne, Platon nous dépeint comme prisonniers dans la caverne des reflets de la réalité. Un peu comme nous qui passons tout notre temps sur cette lucarne pour lorgner sites, blogs et contacts sans épaisseur. Ne sommes-nous pas aux antipodes du jardin que Voltaire nous invite candidement à cultiver ? Au sortir de la caverne, la lumière éblouit les prisonniers aventureux épris de vérité et de tangible. Cet éblouissement n’est-il pas ce que nous redoutons et ce qui nous maintient mains liées à la souris et à la poignée de la fenêtre de notre messagerie ? Ce papillonnage ne nous détourne-t-il pas également de notre jardin intérieur ? Il est parfois trop évident que se regarder en face avec lucidité et apprécier de la même façon ceux que nous rencontrons sur la terre ferme nous fait courir le risque d’un désenchantement qui confine plus à la répulsion qu’à l’éblouissement. Y voir clair en soi et en l’autre a un prix. Et qui a regardé la lumière en face est pris pour...